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Histoire de la littérature française des origines à nos jours

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© 2000-2018 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

Il est difficile de s’imaginer l’importance de la religion du Moyen Âge, tant elle ressemble peu à celle qu’elle occupe aujourd’hui. Mais, à une époque où les gens ne savaient ni lire ni écrire, où les saintes Écritures étaient réservées aux seuls gens de robe (clercs, prêtres, etc.), où un pape pouvait excommunier un roi, la religion était le point d’ancrage de la politique, de la vie quotidienne, de la société : elle était le principal ciment social, puisque tous avaient la foi.

La religion chrétienne1 du XIIe siècle n’est, bien sûr, pas celle des origines. Les disciples du Christ ont propagé la bonne parole, ont baptisé. Ceux qu’on appelle les Pères de l’Église2 ont formulé, d’après leur interprétation de la Bible, une série de règles qu’on appelle des dogmes, auxquels on doit obligatoirement croire. Certaines de ces croyances ont amené des divergences d’opinion, voire de graves disputes. C’est ainsi que se sont séparées les Églises d’Orient et d’Occident au XIe siècle et qu’a eu lieu le grand schisme d’Occident au XIVe siècle.

Au XIIe siècle, le christianisme semble à la fois simple et complexe. D’une part, son manichéisme est flagrant ; la vision du monde qu’il sous-tend est ainsi fort simple et ressemble un peu à celle du cinéma américain contemporain : il y a le bien et le mal qui s’opposent. Les bons vont au Paradis et les méchants, en Enfer. Pour ceux qui ne sont pas tout à fait méchants, qui ont cherché à racheter leurs fautes d’une quelconque façon, on a inventé à cette époque un endroit transitoire : le Purgatoire, lieu où l’homme expie ses péchés grâce aux prières que les vivants disent pour lui, et où il attend la délivrance... parfois jusqu’au jugement dernier. La représentation de Dieu qu’on se fait aussi est fort simple : c’est un Dieu juge, qui récompense ou qui punit, qui voit tout et qui sait tout. D’autre part, le christianisme est déjà complexe dans ses dogmes et dans son culte, auquel on reviendra un peu plus loin. La liturgie du XIIe siècle était tout de même assez près de ce qu’elle est aujourd’hui, à la différence près que la messe était dite en latin et qu’il était, bien sûr, obligatoire d’y participer, à moins d’avoir une dispense du curé. La confession annuelle a été rendue obligatoire à peu près à cette époque et elle seule permettait la communion : c’est donc dire que la communion n’était pas si courante.

Au Moyen Âge, la religion occupe ainsi une place plus qu’importante : elle est le moteur de la vie quotidienne. En effet, on remarquera d’abord que c’est elle qui marque le passage du temps. Non seulement compte-t-on les années depuis la naissance du Christ (on parle alors d'anno domini), mais on ponctue les années elles-mêmes de fêtes religieuses : Noël, Carême, Pâques, Pentecôte, etc. Elle encadre aussi la vie humaine par les sacrements : baptême à la naissance, confirmation du jeune adulte, confession (pénitence) et communion (eucharistie) annuelles, mariage, extrême-onction du mourant. Elle a de plus une fonction de protection, à travers le culte des saints. Les hommes du Moyen Âge avaient, de fait, une croyance qui peut paraître aujourd’hui quelque peu superstitieuse : ils pensaient que, du haut des cieux, les saints les regardaient et que, s’ils les invoquaient au bon moment, s’ils portaient une médaille les représentant ou une de leurs reliques, s’ils se rendaient en pèlerinage à un lieu spécifique pour chaque saint, ceux-ci pouvaient empêcher qu’il ne leur arrive malheur. D’ailleurs, chaque corps de métier avait son patron, c’est-à-dire qu’il était représenté par un saint. C’est ainsi que s’est développé un culte assez complexe, chaque saint ayant sa spécialité3. Il fallait surtout faire attention de ne les pas vexer, puisqu’il arrivait qu’un saint se venge de n’avoir pas été appelé au secours – ou d’avoir été confondu avec un autre ! De la même manière, on faisait de nombreuses processions dans les villages pour se protéger des tempêtes, de la sécheresse, des famines et de la peste ou pour remercier le ciel des bonnes récoltes de l’année. La religion jouait enfin un rôle important dans l’art médiéval, puisque la Bible, si elle n’était lue que par les seuls prêtres et moines, était source d’inspiration tant pour les peintres que pour les écrivains, musiciens, sculpteurs et architectes, qui illustraient pour le peuple les histoires et les leçons religieuses.

Si elle est importante dans la vie personnelle de l’homme et dans celle du village, la religion a trois champs d’influence majeurs. Elle est d’abord une puissance spirituelle. En effet, si étrange que cela puisse paraître, il revient aux gens de robe de prier – et c’est dans ce sens que la société du Moyen Âge est divisée en trois ordres. C’est que seuls ceux qui ont étudié connaissent les mots pour s’adresser à Dieu au nom de ceux qui se battent et de ceux qui travaillent. Il est donc normal que ce soit eux qui définissent la foi et la morale. Ils ont, en quelque sorte, les clefs du Paradis, puisqu’ils peuvent jeter l’anathème sur quiconque ou excommunier ceux qu’ils jugent indignes. Ils peuvent même convaincre quiconque d’hérésie4 (l’utilisation de la questio, la torture psychologique et physique, est alors permise) et le remettre à la justice en recommandant la sentence à être exécutée. Contrairement à ce que l’on croit habituellement, peu de gens sont brûlés pour hérésie au Moyen Âge – c’est plus tard qu’auront lieu les grands autodafés. Toutefois, le droit médiéval est fondé sur l’image présentée plus haut d’un Dieu juge. En effet, on a la croyance que le Tout-Puissant est du côté des justes – c’est d’ailleurs pourquoi le duel judiciaire semble justifié aux yeux de l’homme du XIIe siècle. Par exemple, pour distinguer le coupable de l’innocent, on les marque tous deux au fer rouge : Dieu guérira plus rapidement l’innocent ; de même, on n’a qu’à jeter une personne dans l’eau pour savoir si elle est innocente : si c’est le cas, elle coulera, car l’eau rejette les éléments impurs. La religion est aussi une puissance intellectuelle et culturelle. Les clercs jouent un rôle culturel important, puisqu’ils sont les seuls à savoir lire et écrire. Ils sont les intellectuels du XIIe siècle et ont pour mission de préserver la culture et de faire progresser la « science » en étudiant et en commentant plus en profondeur la Bible, les Pères de l’Église et Aristote. La religion est enfin une puissance économique. En effet, les monastères que font construire les nombreux ordres religieux et la culture des vastes terres sur lesquelles ils sont édifiés emploient nombre de travailleurs. Les religieux prélèvent aussi une dîme, c’est-à-dire que tous doivent remettre une partie de leur avoir chaque année pour contribuer au salaire des officiants et à l’entretien de l’église. Cela a amené les dirigeants spirituels à amasser une fortune considérable, surtout en terres (que beaucoup de propriétaires ont léguées à l’Église plutôt qu’à leurs enfants pour s’assurer d’une place au Paradis), et à vivre dans une ostentation qui amènera plusieurs protestations (d’où sont nés les ordres mendiants comme les frères franciscains) et, à la Renaissance, la Réforme – la création du culte protestant.


1. Notez qu’on parle alors de christianisme et non pas de catholicisme, puisque ce concept n’apparaît qu’avec la contre-réforme, à la Renaissance, en réaction au protestantisme.
2. Notez qu’on écrit église pour référer au bâtiment, à la construction architecturale, mais qu’on écrit Église pour référer à l’organisation religieuse en entier.
3. Par exemple, saint Apollinaire était le patron des couturières et on l’invoquait pour guérir la goutte, l’épilepsie et les maladies vénériennes, saint Benoît était le patron des enseignants et des écoliers et on l’invoquait en cas d’empoisonnement, de fièvre, quand on se croyait victime d’un mauvais sort ou au combat ; on invoquait saint Jude en dernier recours, puisqu’il était le patron des causes désespérées.
4. Un hérétique est quelqu’un qui soutient une opinion ou qui a des pratiques condamnées par l’Église parce qu’elles vont à l’encontre des dogmes formulés par celle-ci. Par exemple, la simonie et la sodomie pouvaient entraîner de sévères représailles.

Réf. : Georges DUBY, Le Moyen Âge. Adolescence de la chrétienté occidentale 980-1140, Genève, Skira, 1995 [1967], p. 91-92, Didier MEHU, Gratia Dei. Les chemins du Moyen Âge, Québec, Musée de la civilisation et Fides, 2003, p. 15, 17, 127 et Clemens JÖCLE, Encyclopedia of Saints, London, Alpine (Fine Arts collection), 1995, p. 43, 67 et 257.