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© 2000-2018 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

La France de Louis XI à Henri IV

À la fin du XVIe siècle, la France ne ressemble pas à celle que nous connaissons aujourd’hui. Ses limites sont loin de correspondre aux frontières actuelles. Le territoire est fractionné – à l’est, par exemple, plusieurs régions ne sont pas encore annexées, comme la Flandre et l’Artois, la Lorraine et l’Alsace, la Franche-Comté et la Savoie, entre autres, alors qu’au sud une partie de l’Auvergne et le Limousin sont encore indépendants. En fait, c’est au cours du XVIIe siècle, par une série d’annexions, que la France prendra la forme qu’elle a aujourd’hui encore.

En ce début du XVIIe siècle, la France compte uniquement vingt millions d’habitants. Si elle est si peu peuplée, c’est à cause des guerres de religion du siècle précédent, qui ont fait des centaines de milliers de morts (que ce soit directement, par les massacres et les destructions, ou par les famines et les épidémies qui s’ensuivirent).

De ces vingt millions de personnes, 200 000 habitent Paris. C’est donc dire que la France de ce temps est essentiellement rurale. Les villes sont rares et souvent de dimension réduite. Il faut dire que voyager est alors presque un exploit, parce que les routes sont mal entretenues et peu sûres. C’est pourquoi les communications sont plus que difficiles. Pourtant, il existe peu de différence entre la ville et la campagne : la souffrance est générale. À cause des guerres de religion, le pays est désorganisé, et de nombreuses années seront nécessaires pour redresser la situation.

Toutefois, dans sa désorganisation, la société française n’est pas anarchique. Au contraire, le XVIIe siècle présente une société bien compartimentée. Au sommet règne le roi (qui n’a pas encore le pouvoir absolu qu’il détiendra plus tard), entouré des nobles. Ces grands seigneurs sont puissants, et détiennent de nombreux droits et privilèges. S’ils n’ont plus tout le pouvoir qu’ils avaient au Moyen Âge, il n’en reste pas moins que les guerres de religion leur ont profité : ils ont renforcé leur autonomie, et continuent à s’enrichir grâce aux nombreuses redevances qu’ils imposent aux populations. Leur titre est bien sûr héréditaire. Sous eux, les bourgeois – dont le nom signifie à l’origine habitant du bourg, villageois – constituent une classe montante. Par son travail, la bourgeoisie participera au développement et au redressement de la France ; elle sera aussi amenée à jouer un rôle politique de plus en plus important en participant au gouvernement du roi et en siégeant dans les parlements – les rois favoriseront cette ascension, cherchant ainsi à affaiblir la noblesse pour jouir d’un pouvoir plus grand. Le peuple, quant à lui, est toujours au bas de l’échelle sociale. Le peuple des campagnes, surtout, est dans une misère extrême, puisqu’il est soumis à un travail intense et fort mal rémunéré.

Aussi injuste et inégale qu’elle puisse paraître, la société française est cependant unie par la religion – qu’ils soient catholiques ou protestants, tous croient : les athées sont encore rares.
La misère du peuple, à cette époque, côtoie la somptuosité affichée par les classes privilégiées. En fait, alors qu’on sentre-tue, les dames de la cour sont passionnées par les romans ; tandis que les conspirations se succèdent, Nicolas Faret définit l’idéal raffiné du courtisan dans son ouvrage intitulé l’Honnête homme ou l’art de plaire à la cour (1630). Le début du siècle, période d’instabilité permanente, d’incessantes remises en cause, s’exprime dans une littérature de l’excès, de la démesure et de l’apparence : c’est l’apogée du mouvement baroque en France.