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© 2000-2018 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

Réunion de dames, par A. Bosse

En réaction à la cour d’Henri IV, où les courtisans sont, à l’image de leur roi, grossiers et grivois, les amateurs de beau langage et de politesse raffinée se rassemblent autour de la marquise de Rambouillet pour faire admirer les costumes riches de rubans et de plumes qui sont au goût du jour, pour parler galanterie et coquetterie dans un langage qui devient rapidement incompréhensible, tellement il est métaphorique. Ils deviendront, à partir de 1630, les habitués des salons1. Leur volonté d’épuration des mœurs, de la vie amoureuse et du langage caractérisera d’ailleurs toute l’histoire des salons et de la préciosité.

Ces salons aux ruelles ornées de beaux tissus bleus et verts, tenus par de grandes dames, sont le rendez-vous mondain de Paris tout au long du XVIIe siècle et leur rôle est fort important. Ils ont d’abord une fonction sociale : non seulement les grands (et moins grands) esprits s’y rencontrent-ils, ce qui permettra un essor de la pensée et des sciences, mais on y développe une étiquette qui permettra à celle de la cour de Versailles de naître. On y développe aussi les modes vestimentaires – pas toujours heureusement, il faut le dire. Plus sérieusement, on y discute des grands problèmes de l’heure et de la place de la femme dans la société (un véritable mouvement féministe s’y dessine). Les salons ont aussi une fonction littéraire : on privilégie les questions littéraires lors des réunions qui s’y tiennent – on y pratique l’art de la conversation, le jeu d’esprit, on y fait des concours de poésie et des écrivains y font parfois la lecture de leurs œuvres nouvelles. Les salons ont donc eu une influence notable sur la langue française.

À partir de ces salons féminins se développe un phénomène, entre 1650 et 1660, qu’on a appelé la préciosité. La préciosité, c’est avant tout un mouvement issu de l’effort d’une élite pour se distinguer du « commun ». L’esprit précieux se manifeste d’abord par la préciosité des manières, qui se marque par la recherche de l’élégance dans le costume et par des usages raffinés qui ne vont pas toujours sans extravagance. Il se manifeste aussi par la préciosité des sentiments, recherche, souvent excessive, de la délicatesse des sentiments. On reconnaît enfin la préciosité du goût, qui paraît à travers la recherche d’une formulation singulière au détriment des idées – on reconnaît généralement que, malgré l’excès incontestable des précieuses souvent tributaire de l’esprit baroque, elles ont néanmoins contribué à donner au classicisme la langue pure et précise qui permettra de développer toutes les finesses de l’analyse psychologique.


1. En fait, l’hôtesse recevait ses invités dans une chambre, étendue ou assise au pied du lit. D’un côté du lit, dans ce qu’on appelait la « ruelle », se trouvaient ses serviteurs et de l’autre, ses invités.