
Les représentations théâtrales sont assez fréquentes, au XVIIe siècle. Vers 1660, par exemple, on jouait trois fois par semaine : le vendredi (jour réservé aux premières), le dimanche et le mardi. Pourtant, le spectacle a lieu l'après-midi – habituellement après quatorze heures –, jamais en soirée.
La salle ressemblait à celle d’aujourd’hui, même si elle était longue et étroite – elle avait, en fait, la forme d'un entonnoir. Sa disposition n'a pas beaucoup changé, c'est-à-dire que des loges et des galeries formaient un ovale autour de la scène. Toutefois, le parterre était réservé aux hommes moins fortunés, qui s’y tenaient debout (ces places étaient bon marché, et le public, assez bruyant et difficile à satisfaire), alors que les galeries et loges accueillaient le public élégant (des femmes, principalement). La scène, quant à elle, était petite et éclairée d'abord par des chandelles de cire, puis par deux lustres qu'on soulevait au début de la représentation. Sous l'influence anglaise, on a commencé à disposer, de chaque côté de la scène, des sièges réservés aux spectateurs de marque.
Si, au Moyen Âge, le jeu s'effectue devant un décor unique, plus avance le XVIIe siècle, plus l'influence italienne se fait sentir – non seulement dans le jeu des acteurs, qui devient de plus en plus naturel, grâce à Molière, mais surtout dans le goût pour une décoration somptueuse : on arrive tranquillement à un théâtre de la machine (un peu comme, aujourd'hui, le cinéma en est un d'effets spéciaux). Ainsi, on fait glisser sur des rails la lune, des astres ou des nuages, on imite la mer déchaînée par un système de cylindres qui ondulent derrière une toile, etc.
Les costumes, eux, sont fastueux... mais anachroniques. Ce qui importait, ce n'était pas de faire vrai, mais de faire « chic », de sorte que personne ne s'étonnait de voir Auguste porter un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges ou que Polyeucte portât une perruque, un feutre et des gants.