C’est un début difficile pour la Troisième République (qui ne s’achèvera malgré tout qu’en 1940) puisque, en réaction contre l’élection d’une majorité conservatrice et favorable à la paix, le peuple de Paris s’insurge et s’organise en Commune (mars-mai 1871). Mais le gouvernement, installé à Versailles, reprend militairement Paris avec l’aide des Allemands et les communards sont sévèrement réprimés. Ceux qui échapperont au carnage de la Semaine sanglante, comme l’institutrice et écrivaine Louise Michel, seront exilés dans la colonie pénitentiaire de Nouvelle-Calédonie.
Le régime républicain se heurte aussi à quelques reprises au courant nationaliste, animé par une volonté de revanche contre la Prusse après la perte de l’Alsace et de la Lorraine. C’est ainsi qu’en 1889, une première crise se fait sentir : la popularité du général Boulanger, autour duquel se liguent autant nationalistes que bonapartistes (voire même quelques monarchistes), semble mettre un instant le régime en péril. Puis, de 1896 à 1906, la France est profondément divisée par l’affaire Dreyfus : les républicains progressistes (dont Zola, avec son article J’accuse) défendent le capitaine israélite Dreyfus, accusé de haute trahison, alors que les nationalistes et conservateurs sont résolument antidreyfusards.
