Histoire de la littérature française
Une instruction qui s'améliore

Avec l’industrialisation, le développement de l’instruction est aussi un phénomène majeur du XIXe siècle. Il faut comprendre qu’avant 1800, les écoles sont payantes, ce qui fait que peu nombreuses sont les familles qui peuvent y envoyer leurs enfants, qui n’apprennent alors jamais ni à lire ni à écrire.

En 1833, la loi Guizot, qui oblige les communes à entretenir une école primaire, permet une extension de la scolarisation. Puis, pendant la Troisième République, les républicains, tirant une bonne leçon de l’échec de 1848, mettent au premier rang de leurs préoccupations l’éducation laïque, gratuite et obligatoire avec la loi Jules Ferry (1882). Ils espèrent former des citoyens conscients et responsables en séparant l’éducation et la religion – en effet, l’Église étant favorable aux idées conservatrices et monarchiques, les républicains, dont l’anticléricalisme est parfois virulent, souhaitent réduire son emprise sur les consciences par le développement d’une éducation laïque. Ces années voient aussi le développement des lycées (enseignement secondaire) ainsi que l’apparition de lycées de jeunes filles.

C’est donc l’accès gratuit à l’éducation ainsi que l’éducation obligatoire – d’abord jusqu’à douze ans puis, jusqu’à seize, qui fera reculer l’analphabétisme1. Cependant, le système d’éducation est alors loin de ressembler à celui d’aujourd’hui : la discipline y était sévère et les maîtres usaient de la force physique pour faire apprendre leurs pupilles.



1. Plus de la moitié des conscrits étaient illettrés en 1850, ils sont moins de vingt pour cent en 1875 et, après les lois de Jules Ferry, ils ne seront que cinq pour cent en 1910 (Précis de littérature par genre et par siècle, p. 86).