Dans les premières années du romantisme, on voit se profiler une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes. Les Anciens, c’est-à-dire les défenseurs du classicisme, les « perruques », contrôlent les théâtres, les maisons d’édition, l’art en général et la littérature en particulier, le bon goût, quoi. Ils affirment que les romantiques sont des auteurs dangereux, qui corrompent la jeunesse et les femmes, et sans talent. Ils leur reprochent leur mise colorée et la barbe qu’ils portent, symbole de leur révolte. Leurs principes esthétiques sont totalement opposés :
Les classiques
Les romantiques
En 1830, à la première d’Hernani, pièce de Victor Hugo, romantiques et tenants de l’esthétique classique s’affrontent, allant jusqu’à la violence physique. La jeunesse l’emporte : la victoire du romantisme est alors consacrée.
C’est l’énergie des jeunes romantiques, combinée à des circonstances politiques – le monde change – qui a permis au mouvement de triompher. Sous la Restauration, et sous la monarchie de Juillet, le pouvoir royal s’affaiblit continuellement, ce qui laisse de plus en plus de place à la bourgeoisie et à ce qu’on appelait autrefois le Tiers-État. La vie politique est maintenant ouverte à tous. De plus, constatant le vide laissé par la « disparition » de l’Église, les romantiques, qui se voient comme des élus ou des prophètes (Victor Hugo en particulier), viennent s’installer avec pour mission d’aider le peuple. En effet, Hugo voit le poète comme un guide qui doit mener l’homme à la vérité et se sent lui-même investi d’une mission humanitaire et religieuse, « Car le Mot, c’est le Verbe, et le Verbe, c’est Dieu » (Les Contemplations, « Suite »). Leur engagement politique est guidé par leur aspiration à un monde meilleur – les romantiques veulent donner un sens à la condition humaine. Ils veulent créer une société où régneraient la liberté et la fraternité. Ainsi, à la libération de l’art succède la libération de l’homme.
Textes :
La légende du gilet rouge