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Guy de Maupassant (1850-1893)

Guy de Maupassant est né à Tourville-sur-Arques, au château de Miromesnil, le 5 août 1850. Il est le fils de Gustave de Maupassant et de Laure le Poittevin et le filleul de Gustave Flaubert – qu’on a soupçonné d’être son vrai père –, un ami de sa mère, qui sera plus tard son mentor. Maupassant grandit en Normandie, où il vit une enfance libre et heureuse avec sa mère, à Étretat. Mais il sera marqué par la séparation de ses parents, en 1860.

Maupassant étudie au collège religieux d’Yvetot d’où il est expulsé avant d’entrer comme interne au lycée de Rouen en 1867. À la guerre franco-prussienne de 1870, il s’engage dans les gardes mobiles. En 1871, il s’installe à Paris, où il occupe un emploi de commis au ministère de la Marine.

Il fut formé à la littérature par Flaubert – qui corrigea sévèrement ses premiers essais littéraires, dit-on. Il lui fera connaître Joris-Karl Huysmans, Alphonse Daudet et Émile Zola. C’est Boule-de-Suif, nouvelle parue dans Les Soirées de Médan (1880), qui le rend célèbre. Mais cette nouvelle montre déjà le pessimisme foncier qu’exprimera toute son œuvre, selon certains – pessimisme acquis par l’expérience, les leçons de Flaubert et la lecture de Schopenhaueur. Quoi qu’il en soit, Maupassant est un maître du récit bref : il en a écrit plus de 300 en dix ans, publiés dans les journaux puis rassemblés dans des recueils. Ses nouvelles réalistes décrivent sa Normandie natale et les paysans qui l’habitent (qu’on pense aux Contes de la Bécasse, publiés en 1883), racontent des souvenirs de la guerre de 1870 (dans Mademoiselle Fifi, par exemple, publié en 1882) ou encore font le tableau de la médiocrité et du cynisme des milieux parisiens (dans Les Sœurs Rondoli par exemple, en 1884). Mais il est aussi maître du récit fantastique, où il sait créer, grâce au réalisme qu’il manie à la perfection, une atmosphère obsédante et angoissante qu’on retrouve par exemple dans La Peur (1882) ou dans son chef-d’œuvre le plus souvent cité, Le Horla (1887). D’ailleurs, ces deux nouvelles fantastiques reflètent les angoisses et les troubles nerveux de l’auteur, qui l’ont conduit à la folie et à l’internement en 1892.

La force de Maupassant provient de sa capacité à recréer une atmosphère en quelques lignes. Dès Boule-de-Suif, sa poétique, rejetant tout lyrisme, est définie et ne variera jamais. Mais, s’il est d’un réalisme indéniable, l’auteur s’écarte cependant de la doctrine naturaliste par sa conception d’un réalisme sélectif. Pour lui, écriture et vision du monde forment un indissociable tout.

En plus de ses nouvelles, Maupassant écrit aussi six romans, dont Une vie (1883), Bel-Ami (1885) et Pierre et Jean (1888), dans la préface duquel il expose sa théorie du l’art du roman réaliste. Pour lui, il ne s’agit pas de tout dire ou de tout écrire, ce qui est d’ailleurs impossible, mais il faut sélectionner et ne conserver que ce qui est utile au récit : « Faire vrai consiste donc à donner l’illusion complète du vrai […]. J’en conclus que les Réalistes de talent devraient s’appeler plutôt des Illusionnistes. » (Le Roman, 1888) Il veut donner de la vie une « vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même » (Préface de Pierre et Jean). De là sans doute lui vient son style savamment simple, des notations brèves et précises sur le décor et sur les personnages qui les rendent si vivants. L’histoire de La Petite Roque (1886), récit d’un viol suivi d’un meurtre, est caractéristique du travail de Maupassant, qui transforme un fait divers journalistique en œuvre littéraire dans une optique réaliste.