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© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

Les origines du symbolisme nous montrent l’importance du malaise existentiel (le spleen de Baudelaire) dans la genèse du mouvement. Cependant, ce malaise va plus loin que le mal du siècle des romantiques. En effet, l’ennui éprouvé par les symbolistes se double d’un pessimisme existentiel causé par une extrême lucidité – le monde ne peut pas changer – et qui procède directement d’une expérience du néant. C’est ainsi que, refusant de s’épancher dans un sentimentalisme qui lui semble inutile, le poète symboliste semble réduit à déplorer l’immuabilité de la société et la médiocrité de la vie de ses contemporains.

Le symbolisme est donc en quelque sorte l’idéalisme appliqué à la littérature. En effet, pour les poètes symbolistes, le monde (laid) qui nous entoure n’est que le reflet d’un univers spirituel. Le monde visible des choses et des êtres n’est heureusement qu’une apparence : au-delà se cache un monde transcendant, libéré de toutes les contraintes du présent. C’est cette réalité que rêvent d’atteindre les poètes symbolistes.

Mais comment atteindre un univers inconnu ? Comment passer outre les apparences matérielles du monde ? Les symbolistes cherchent la clef du monde transcendant dans les secrètes « correspondances », associations imprévisibles des données des différents sens (toucher, goût, odorat, entre autres). Ils font appel à l’intuition pour percer l’inconscient et établir un rapport entre le monde visible et l’au-delà inaccessible. C’est ainsi que le vide des apparences peut céder la place aux vérités du monde intérieur, à l’essence spirituelle des êtres et des choses : refusant la déchéance et le matérialisme ambiants, ils centrent leur art sur leur vie intérieure. C’est cette idéologie que tente de mettre à jour Jean Moréas dans son manifeste fondateur du symbolisme :

La poésie symboliste cherche à vêtir l’idée d’une forme sensible qui, néanmoins, ne serait pas son but à elle-même, mais qui, tout en servant à exprimer une idée, demeurerait sujette. L’Idée, à son tour, ne doit pas se laisser voir privée des somptueuses simarres des analogies extérieures ; car le caractère essentiel de l’art symbolique consiste à ne jamais aller jusqu’à la concentration de l’Idée en soi (1886).
Le but du poète n’est donc pas la beauté de l’art pour l’art, mais la Vérité. Cependant, cette Vérité ne peut paraître nue, elle doit être vêtue des atours de la poésie, telle que les symbolistes la conçoivent. Le but du poète est donc, dans une certaine mesure, la recherche de la Vérité par l’obscurité : il cherche à comprendre l’univers, à traduire en images – en symboles – la réalité d’un « autre monde » indéfini. C’est la lucidité de cette entreprise de même que la conscience de son impossibilité qui fait la modernité du symbolisme, en même temps qu’elle lui imprime la tonalité nostalgique, voire pessimiste, morbide et désespérée qui le caractérise.

Pour le définir fort brièvement, nous dirons donc, en somme, que le symbolisme est un courant littéraire qui connut son apogée vers la fin du XIXe siècle et qui a eu une influence considérable sur la littérature et sur l’art.