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© 2000-2014 Josée Larochelle, Edwin Rossbach
« Poésie » vient d’un mot grec signifiant « faire, créer ». La poésie, c’est donc un travail sur les mots. Le poète, par le choix qu’il fait de sujets (les thèmes) et de procédés stylistiques, présente une vision du monde qui lui est propre.
Le thème
Un poème évoque une réalité : c’est son thème littéral, son propos central. Ce thème sert en général de cadre de référence au poème : c’est lui qui permet d’aborder des sujets de réflexion, des sentiments, des réalités morales ou esthétiques, etc. Souvent, un poème comporte un thème majeur, dominant. Il peut alors se développer en sous-thèmes, qui donnent sa couleur au poème.
Les champs lexicaux
Les champs lexicaux sont formés d’un groupe de mots rapprochés par le sens, et dont la fréquence est assez importante pour indiquer qu’un thème est développé, ce qui montre une préoccupation de l’auteur. Généralement, le champ lexical le plus important est relié au thème majeur du poème ; il faut toutefois prendre en compte les connotations. L’intérêt d’étudier le champ lexical réside dans les thèmes qu’il permet de dégager ; sa signification est d’autant plus forte qu’il peut être combiné à d’autres figures de style. En soi, il a peu d’intérêt.
Les figures de style
Les figures de style sont un écart par rapport à la norme linguistique. Cet écart peut être plus ou moins significatif. Par exemple, si on pense à l’inversion, elle n’est significative que si elle sert à mettre en valeur un mot ou un groupe de mots ; autrement, elle n’est qu’un artifice de versification. Les figures de style ramènent donc au jeu sur la disposition des mots, leur sonorité, leurs substitutions, etc. Elles visent à provoquer des effets chez le lecteur – voir, à ce sujet, la théorie sur les figures de style. Pour trouver les figures de style, il n’est pas nécessaire de chercher bien fort : en général, lorsqu’un passage surprend, arrête la lecture, semble insensé ou incompréhensible alors qu’on connaît tous les mots qui s’y trouvent, c’est qu’il y a une figure de style. En effet, en poésie, on accorde toujours le bénéfice du sens, du génie à l’auteur. Tout ce qu’il fait est voulu, calculé.
La versification
La versification est un ensemble de règles techniques qui régissent la composition des vers réguliers.
Pour lire et apprécier la poésie versifiée, il faut en connaître les règles. La poésie est essentiellement un jeu (sur les mots, avec les mots), dont on ne saurait apprécier toute la profondeur sans en connaître le fonctionnement. De la même façon qu’on joue avec la prononciation des mots pour suivre la musique dans la chanson, le poète joue avec les rythmes pour produire du sens et de l’harmonie.
  • Le rythme
    Les vers les plus utilisés dans la poésie française sont l’octosyllabe, le décasyllabe et l’alexandrin. L’octosyllabe est un vers de huit syllabes, sans césure (coupure) ; le décasyllabe contient dix syllabes, avec une césure à la quatrième, cinquième ou sixième syllabe ; l’alexandrin comprend douze syllabes, avec une césure à la sixième – il comprend aussi, normalement, un accent mineur dans chacune des deux moitiés du vers, avant et après la césure. Par exemple : « Il fit scier’ son on’cle / Achmet’ entre deux plan’ches » (dans ce vers d’Hugo tiré du Sultan Mourad, l’apostrophe indique l’accent tonique).
    Comment compter les syllabes ? Dans la versification française, toutes les syllabes sont prononcées, y compris les e muets lorsqu’ils se trouvent devant une consonne (le s du pluriel et de la conjugaison de la deuxième personne du singulier, de même que le nt de la conjugaison de la troisième personne du pluriel comptent comme des consonnes suivant le e muet et, par conséquent, font que la syllabe doit être prononcée, à moins qu’ils ne soient à la fin du vers, à la rime). Par exemple, « Du côté du pourceau, la balance pencha » (Victor Hugo, Le Sultan Mourad) compte douze syllabes, puisqu’on prononce le e de balance. Le e muet devant une voyelle ne se prononce pas (par exemple, « oncle Achmet » égale trois syllabes, et non quatre).
    Pour produire un effet, le poète peut choisir de prononcer comme deux syllabes deux sons qui, normalement, se prononcent comme un seul. C’est ce qu’a fait Victor Hugo avec ce vers :« Il fit sci-er son oncle Achmet entre deux planches ». On appelle ce procédé la diérèse. À l’inverse, la synérèse prononce comme une seule syllabe deux sons habituellement distincts, comme « ouvrier » prononcé en deux syllabes plutôt que trois.
  • La rime
    La rime est la répétition d’un même son vocalique à la fin de deux vers différents. On parle de rime riche lorsqu’elle a la même consonne d’appui (par exemple, « partez, santé » forme une rime riche, alors que « trompé, mangeai » est une rime pauvre).
    Le genre de la rime
    Une rime est féminine lorsqu’elle se termine par une syllabe muette. Toutes les autres sont masculines. Par exemple, « pensent et danse » sont des rimes féminines, alors que « cœur et rancœur » ou « trembler et peser » sont des rimes masculines. Attention : « danser et pensée » NE RIMENT PAS, puisque ces mots ne sont pas du même genre. Deux rimes masculines différentes ou deux rimes féminines différentes ne peuvent pas se suivre : la règle est de les faire alterner (une rime masculine, une rime féminine, etc.).
    La disposition des rimes
    Le type de rimes correspond à leur disposition. On parle de rimes plates lorsque le schéma AABB est reproduit (par exemple, « mange, change, cœur, rancœur »). Les rimes embrassées correspondent au schéma ABBA (par exemple, « mange, cœur, rancœur, change »). Les rimes croisées, quant à elles, correspondent au schéma ABAB (par exemple, « mange, cœur, change, rancœur »).
  • La strophe
    La strophe, essentiellement, est un « paragraphe » de vers. C’est une façon de les regrouper. Comme un paragraphe, on doit y retrouver une cohérence interne, comme un paragraphe, on marque le changement de strophe par un saut de ligne. Certaines strophes portent des noms (par exemple, quatre strophes forment un quatrain, six strophes forment un sizain, huit strophes, un huitain, etc.).
  • Comment citer les vers ?
    Quand on cite un vers, on en conserve la majuscule initiale et on en respecte la ponctuation. Si on cite plus d’un vers, on peut respecter la disposition du poème, c’est-à-dire les mettre l’un sous l’autre ; on peut aussi les mettre l’un à la suite de l’autre, TOUJOURS EN RESPECTANT LES MAJUSCULES ET LA PONCTUATION. On indique alors le changement de vers par une barre oblique (/). Par exemple, on citera ainsi Victor Hugo : « Il fit scier son oncle Achmet entre deux planches / De cèdre afin de faire honneur à ce vieillard ».
Poèmes à forme fixe
Il existe de nombreuses formes fixes, c’est-à-dire dont l’alternance des rimes, le nombre de vers, la forme des strophes obéit à un schéma précis. Le sonnet est peut-être la forme la plus célèbre aujourd’hui. C’est un poème court, de quatorze vers, correspondant au schéma ABBA ABBA CCD EDE (ou CCD EED). On doit sa forme à Pétrarque. Ronsard, Du Bellay, Baudelaire en ont beaucoup usé. On retrouve d’autres poèmes à formes fixes : la ballade et le rondeau, très populaires au Moyen Âge ; l’ode, le pantoum, les stances, etc.