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© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

25 août 2005

Le cas Beigbeder

Être romantique ou égoïste ou même les deux à la fois, cela ne pose pas problème. Je suppose que cela peut même être fort amusant. Mais intituler un roman L'Égoïste romantique et ne pas l'écrire, c'est une tout autre histoire.

Je ne suis pas loin de penser que 99 F (ou 14,99 €, ou 6 €) soit du génie. Il est seulement malheureux que Beigbeder - à prononcer bégbédé, paraît-il - soit dans le même cas que Süskind (à tout prendre, c'est plus malheureux pour ce dernier et pour nous), et qu'il n'ait eu qu'un roman dans les trippes. Au moins, Süskind s'est reconnu le droit de se taire. L'autre continue de nous infliger ses inepties, ce qui n'enlève rien aux qualités de 99 F.

L'Égoïste romantique, puisque c'est le roman qui nous intéresse aujourd'hui, est en réalité un journal sans intérêt d'un personnage sans intérêt. En fait, ce n'est même pas un journal. C'est une suite de noms connus placés dans des lieux où l'on ne fait que boire et s'amuser bien, et compter tout le reste pour rien. À ceux qui auraient envie de soutenir que ce journal est autobiographique, je dirai: que ce soit vrai ou pas, là n'est pas la question, mais je suppose que si c'est vrai, c'est encore plus consternant. Mais passons...

Qu'y lit-on ? Voici :

« [H]ier j'ai déjeuné à l'Hôtel du Cap Eden ROc avec Bernard-Henri Lévy et Arielle Dombasle, qui s'aiment tellement que cela en devient super énervant » (p. 191).

« Dîner au Continental avec Isabelle Maréchal, une animatrice télé qui fait du Christine Bravo avec le physique d'Ophélie Winter et le cerveau d'Anne Sinclair » (p. 111).

«Avec Thierry Ardisson et Philippe Fatien [...]. Puis nous rampons jusqu'au Mathis Bar pour rejoindre Pierre Palmade, Jean-Marie Bigard, Annie Girardot, Claude Brasseur, Raphaël Mezrahi et Frédéric Taddeï » (p. 255).

Vous voyez le genre. Ce n'est que ça. Rien de plus (si on exclut les clubs échangistes, la drogue, les états d'âme, etc.).