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© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

1er septembre 2005

La rentrée

C'est la même chose chaque année: angoisse, course échevelée, engueulades avec les gens qui n'ont pas fait leur travail, cris, pleurs... et puis c'est fini. La rentrée est passée. Heureusement, ça ne dure qu'une semaine - peut-être deux si on n'a vraiment pas de chance. Si le trimestre entier devait suivre ainsi son cours tumultueux, personne n'accepterait d'enseigner... ou d'étudier.

Mais tout n'est pas rose pour autant. Enseigner aujourd'hui, ce n'est plus tant aider les élèves à apprendre que se battre contre l'administration, son poids et son inertie sisyphiens, son intransigeance, sa cécité... sa dictature. Parfois, on jurerait qu'elle fait tout en son pouvoir pour s'aliéner les enseignants: consultations inutiles (peu importe ce qui s'y dit, la décision est arrêtée depuis belle lurette), horaires ahurissants (des cours de quatre heures parce que c'est plus facile à caser dans la grille - Et la pédagogie là-dedans? Qui s'en soucie?), locaux à la limite de la salubrité (Poussière de craie partout, tables collantes, fuites, odeurs suspectes. Vide-t-on parfois les poubelles?), matériel antédiluvien (Certains enseignants disposent de magnifiques Pentium 1 - oui, 1! -, qui mettent quinze minutes à s'allumer. Ils sont trop lourds pour servir de presse-papiers et trop laids pour être décoratifs!), et j'en passe.

L'éternel optimiste qui sommeille en moi rêve d'un jour où les enseignants pourront se consacrer à l'enseignement, où l'administration comprendra qu'elle existe pour soutenir la pédagogie et faciliter le travail de tous, pas pour les rendre impossibles. Telle est ma quête-e, aurait pu dire Brel. J'espère seulement que cette étoile-là n'est pas inaccessible.