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© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

18 novembre 2005

Tous des losers!

Il était temps qu'on nous le dise. Oui, lorsque je gîrai (ce verbe existe-t-il à ce temps et ce mode?) sous quelques bons pieds de bonne terre québécoise, je porterai un regard songeur sur ma vie et je me dirai: «Le petit gros avait raison. René, Pierre-Marc, Jacques, Lucien, Bernard et André... tous des losers! Ah... quel bonheur qu'un homme, un vrai, un winner, un ministre de la couronne (c'est tout dire... pas le premier d'entre eux, mais un élu tout de même, un battant qu'emporte la verve libérale de sa magistrale rhétorique) ait osé dire tout haut ce que pense tout bas le Canada!»

Je suis heureux, je ne m'en cache pas, d'avoir vécu assez longtemps pour l'entendre. Les péquistes aiment perdre, trouvent dans leur situation des délices masochistes qui font regretter qu'aucune Ciciolina n'ait encore été élue chez nous. Quelle Assemblée nationale nous aurions alors! Et pourquoi pas? Après tout, il faut dix-huit ans pour voter. Alors, autant que la majorité serve à quelque chose au gouvernement.

Franchement, je me demande ce que le ministre pense du peuple qui élit des losers. Tous ces gens sont-ils des losers aussi? C'est une idée étonnante que d'appeler un premier ministre (même d'une province aussi inutile que le Québec) un perdant. C'est étrange, mais (si l'on fait exception de Jean Charest) ce n'est pas du tout la définition que je donnerais au mot. Bien entendu, notre classe dirigeante n'est pas toujours à la hauteur des attentes. Nous souhaiterions tous que nos ministres soient des gens cultivés, sans pédanterie; compatissants, mais justes; ouverts aux opinions d'autrui, mais capables de défendre les leurs; intelligents (pas de mais); honnêtes (vraiment pas de mais); souples sans mollesse; fermes sans bêtise. Nous en sommes loin. De nos jours, Martin et Harper, c'est Charybde et Scylla. Et Petitgrew... ben, c'est Petitgrew. Qui d'autre oserait être lui?

Je ne sais pas trop comment terminer cette entrée. Je suis encore abasourdi et les mots me manquent pour dire comment je me sens devant pareille bêtise. Je crois que (si l'on fait exception de Jean Charest) jamais on n'a vu mieux sur la scène politique. Peut-être que Monique n'est pas loin: son sourire de vieille rosse ne me revient décidément pas. Cette manière de découvrir ses gencives supérieures quand elle dit une stupidité... «Il y aura définitivement un fin avant Noël». Ouais, c'est ça.