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© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

9 août 2009

C’est la paresse qui les encourage

Depuis que j’ai lu No Logo et The Shock Doctrine, de Naomi Klein, et Acheter, c’est voter, de Laure Waridel, j’ai pris conscience de l’importance de mes choix de consommateur. Je savais déjà que chacune de mes actions se répercute sur autrui, fatalement, mais à ce point là…

Il y a donc quelques années que j’ai commencé à consommer d’une façon plus « empathique ». J’achète le plus possible des produits locaux pour éviter le transport excessif... même si je succombe parfois au plaisir coupable de la banane.

Bref, à la maison, fini le « Made in China ». Matériaux de construction, meubles, vêtements… s’il est impossible d’obtenir des objets fabriqués ici, on cherche au moins à éviter les lieux où est honteusement exploitée la main-d’oeuvre. (Sauf pour les slips. Allez savoir pourquoi, il est tout à fait impossible de trouver des sous-vêtements « ordinaires » qui ne soient pas faits en Chine ou en Inde.) Quitte à ne pas acheter !

C’est justement ce que nous avons fait avec le poisson surgelé Highliner, alors que mon conjoint découvrait avec horreur la mention maudite sur l’emballage. Comment ça, « Product of China » ? N’est-ce pas là une compagnie d’ici ? Son poisson n’est-il pas pêché au large de Terre-Neuve ? Pourquoi envoie-t-elle faire transformer son poisson à l’autre bout du monde alors que des chômeurs du coin seraient parfaitement contents d’avoir du boulot à l’une des nombreuses usines de transformation que l’on a fermées ?

C’en était trop ! Non seulement n’avons-nous pas acheté, mais nous nous sommes promis d’écrire à la compagnie pour protester vertement. Si on ne le fait pas, comment pourraient-ils savoir notre mécontentement ? Mais…

Mais c’est l’été, j’ai trois millions de choses à faire avant de retourner au boulot, j’essaie de profiter un peu du beau temps trop rare par chez nous, et l’inertie… (Je vous expliquerai ma théorie personnelle de l’inertie une autre fois.)

Il est là, le vrai problème. C’est ma paresse, comme celle de tous ceux qui consomment avec la conscience du pouvoir de leurs choix sur les compagnies, qui les encourage à poursuivre leurs pratiques inacceptables. Parce que ne pas acheter un produit, c’est déjà ça. Mais se plaindre du lieu de sa fabrication – parce qu’on sait que les gens qui ont trimé dessus l’ont fait dans des conditions tout à fait inacceptables –, c’est autre chose. Ça demande du temps, de l’énergie, une implication personnelle un peu plus grande…

Notre silence continue de cautionner ces pratiques que nous désapprouvons publiquement – ce qui n’est pas mieux que de ne pas savoir, au fond.

Mise à jour de dernière minute :
Je me suis donné mauvaise conscience en écrivant ce bloque et ai finalement pris le temps d’expédier un courriel à la compagnie. Je me demande si on va me répondre.