Accueil

Blogue

Courriel

© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

7 juin 2005

Sans titre

Michel Onfray est un frimeur!

Samedi dernier, j'ai assisté à une conférence de cet éminent cynique sur le cynisme dans l'art moderne. J'espérais que cela ménerait quelque part, que cela conduirait à une discussion intéressante sur ce qu'est l'art, ce qu'est l'art moderne, sur le rôle de l'institution dans l'idée qu'on se fait de l'art, etc. Rien! Non seulement sa conférence sentait-elle l'improvisation (s'il avait un plan, je ne l'ai pas compris), mais encore était-elle basée sur des présupposés qui n'ont rien d'évident: Marcel Duchamp est un génie qui a révolutionné l'art, nous vivons dans une époque nihiliste, refuser le nihilisme de l'époque, c'est être réactionnaire ou conservateur et, finalement, le présupposé que personne n'oserait jamais remettre en question, l'art est important.

C'est étrange qu'un philosophe qui pense tant de bien de Diogène ne songe pas à douter de l'importance de l'art. Il agit comme s'il s'agissait d'une vérité ontologique: il conçoit l'art comme important, ergo il l'est.

Je crois que si l'on veut s'interroger sérieusement sur la place de l'art moderne dans la société, il faut d'abord s'interroger sur l'art en général. Qu'est-ce que c'est? Qui décide de ce qu'on appelle ainsi? Parce que, ne nous leurrons pas, un urinoir, même dans un musée, reste un urinoir (ce n'est pas comme une pipe). Il faut que quelqu'un convainque le public que c'est autre chose, que c'est quelque chose de plus.

Onfray, à ce sujet, remarquait d'ailleurs (une autre de ses nombreuses contradictions) qu'il fallait que les artistes rouvrent le dialogue avec le public s'ils voulaient dépasser le «nihilisme pathologique» de notre époque. Mais qui acceptera de voir un carreau de céramique blanc comme une oeuvre d'art? Dois-je m'extasier tous les jours devant mes WC (et leur contenu)? En fait, la question est là: pourquoi est-ce de l'art dans un musée, mais pas ailleurs?