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© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

1er décembre 2013

Merci


Ceux qui me connaissent savent que je suis lent à la colère et au découragement. Mais il m’arrive, comme à tout le monde, de ressentir ces émotions qu’on préférerait ne jamais connaître. Le découragement en particulier. La colère passe, elle est une courte folie. Mais le découragement, c’est comme une dépression : on n’en sort ni rapidement ni indemne.

C’est la raison pour laquelle j’aimerais remercier les gens qui prennent la peine de nous écrire pour nous dire qu’ils apprécient le site que nous avons créé pour eux. Je pense, en particulier, à M. Vineberg, ingénieur à la retraite, qui a sûrement bien des choses plus importantes à faire que de songer à remercier un inconnu pour son travail. Pourtant, il l’a fait. Et ce sont des gens comme lui qui me réconcilient avec la communauté des internautes. Je pense aussi à Misty (sûrement un pseudo) et à Natacha, deux étudiants qui ont pris, eux aussi, le temps de m’écrire pour me dire combien le site leur avait été utile et pour m’encourager à continuer à m’en occuper.

Voyez-vous, certains jours, j’ai vraiment envie de tout laisser tomber. Quand des gens mal intentionnés modifient des pages pour détourner des visites à leur profit, fraudant ainsi les compagnies qui paient pour l’affichage de publicités (j’avoue ne pas trop comprendre comment cela fonctionne pour eux puisque notre site ne contient aucune publicité, mais je suppose qu’ils y trouvent leur compte), quand d’autres copient le site en entier et se posent ensuite comme leur auteur, je me demande pourquoi je continue à maintenir la-littérature.com. Les cas de pillage sont nombreux : je vois bien, lorsque je vérifie les statistiques d’achalandage, qui utilise un « aspirateur » de site. Mais qu’y puis-je? De temps en temps, on me prévient qu’on a vu ailleurs ce que nous avons écrit. Parfois, je tombe par hasard sur un site qui nous a piratés. Je demande alors qu’on retire le contenu qui nous appartient. Une personne, entre autres, à qui j’avais adressé cette demande m’a traité d’égoïste. J’étais égoïste parce que je ne voulais pas qu’elle s’arroge le fruit de notre labeur! Le site est gratuit, plus de six millions de pages sont visionnées chaque année, je ne touche absolument rien pour cela… et cela fait de moi un égoïste! Là, à ce moment-là, j’avoue avoir été fichtrement tenté de tout bazarder.

Mais, évidemment, je me calme et pense à tous ces gens à qui le site est utile, du moins l’espéré-je. Je pense à tous ceux qui ont eu la gentillesse de le dire. Je pense, entre autres, à Florence, qui se désolait que je me sois déplacé pour la cérémonie de remise des diplômes de mes étudiants quand si peu d’entre eux avaient pris la peine de s’y rendre. Florence qui, lisant la lettre d’adieu que je leur avais écrite au nom de tout mon département, m’avait écrit qu’elle aurait aimé en recevoir une pareille à sa graduation. Qu’on prenne le temps de s’arrêter pour remonter le moral à quelqu’un qui se trouve à l’autre bout du monde me touche plus que je ne saurais dire. Et il y a aussi M. Hmad, enseignant au Maroc, qui m’a écrit pour me demander la permission de se servir du site dans ses cours et de s’en faire une copie hors ligne parce qu’il ne dispose pas d’une connexion Internet fiable dans sa classe. Je sais que je viens de mentionner que je n’aime pas qu’on copie le site, mais lui a demandé la permission de le faire. Et c’était pour une bonne cause.

Ainsi, oui, nous allons continuer à travailler sur le site; oui, nous allons nous mettre aux XIXe et XXe siècles. Mais vous comprenez que nous ne sommes que deux, que nous travaillons à temps complet et que, si nous ne voulons pas dire d’âneries, chaque page demande des heures pour la recherche et la rédaction. Mais nous le ferons. Nous le ferons pour tout le monde, mais surtout parce que certains se donnent la peine de nous écrire qu’ils apprécient notre travail. Finalement, c’est grâce à vous que le site existe toujours. Merci.