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© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

4 juillet 2005

Sans titre

J'ai parfois des sautes d'humeur quand je lis un livre, peu importe le genre. Bien souvent, cela n'a rien à voir avec les propos de l'auteur. En général, plus j'approche de la fin du bouquin, plus ces accès de colère sont rapprochés. Non, ce n'est pas la déception de voir la fin arriver. Non, ce n'est pas parce que j'ai deviné qui avait tué le viellard milliardaire à l'aide d'une cuiller en bois, d'une planche à repasser et d'un carré de chocolat.

Non, ce qui m'agace profondément, ce sont les fautes - des fautes comme «tu sera» ou «la vraie foie chrétienne». Étrangement, c'est presque toujours une fois qu'on a tourné la page médiane que tout se gâte. D'une faute toutes les cent pages, ce que je peux excuser, on passe à une faute toutes les deux ou trois pages. On dirait que la personne chargée de la révision a cessé de lire!

J'ai moi-même été chargé de la révision d'épreuves à quelques reprises. Je sais que ce n'est pas toujours facile ni amusant. Je sais aussi, ce qui est autrement dramatique, que certaines maisons d'édition exigent que la révision soit faite aux frais de l'auteur! Dans ces conditions, sachant combien d'argent rapporte un roman à l'écrivain, on comprendra qu'on veuille payer le réviseur le moins cher possible... et que ce soit vite fait. Mais en tant que consommateur, je ne puis pardonner cette façon d'agir. Je me souviens même d'un roman (Maître Eckhart, pour ne pas le nommer) dont la quatrième de couverture n'avait rien à voir avec l'histoire qu'elle essayait de vendre. Pis encore, j'ai déjà vu des livres avec une faute de frappe dans le titre!

De temps en temps, quand j'en ai le temps, je prends le temps d'écrire un mot à l'éditeur pour l'enjoindre de mettre le temps qu'il faut à la révision. Je n'obtiens jamais de réponse, mais je me dis qu'un jour, on m'entendra peut-être.