Accueil

Blogue

Courriel

© 2000-2017 Josée Larochelle, Edwin Rossbach

6 août 2005

Les Empereurs du fast-food

Les documentaires, et c’est tant mieux, sont à la mode depuis un moment. Je crois qu’il faut remercier pour cela des gens comme Michael Moore. Les clubs vidéo regorgent maintenant de DVD documentaires, des bons et des moins bons, mais aussi d’excellents. L’un d’entre eux s’intitule Supersize me. Je ne l’ai jamais vu en français, mais cela doit sûrement exister quelque part.

La raison pour laquelle je parle de films plutôt que de livres est la suivante : les DVD comprennent souvent des suppléments fort intéressants, Supersize me n’y fait pas exception. Outre une expérience étonnante avec des frites de chez McDonald’s, on a droit à une entrevue avec l’auteur de Fast Food Nation, livre qu’on a traduit en français sous le titre Les Empereurs du fast-food.

L’essai est loin d’être le genre le plus populaire de nos jours, on lui préfère de beaucoup le roman. Je ne dis pas que c’est un tort, je lis moi-même bien plus de romans que d’essais quand c’est le plaisir que je recherche, mais on a tort d’écarter les essais automatiquement de sa liste de lectures. Certains se lisent comme un roman. C’est le cas des Empereurs du fast-food. En fait, il se lit comme un roman d’épouvante. Stephen King, Anne Rice… tout ça, c’est de la petite bière!

Je ne suis pas végétarien… pas plus que je ne suis carnivore. Les légumes me manquent autant que la viande ou le poisson quand mon repas en est exempt. Je ressens un plaisir sans équivoque à manger un filet mignon à point, des moules Madagascar, un gaspacho sur une terrasse l’été, une salade grecque… un steak-frites-salade. Mais cet essai m’a ébranlé. Ce qu’on y dit de la culture de la pomme de terre aux États-Unis est déjà horrifiant, mais quand on tombe dans les abattoirs, c’est insoutenable. Je crois que si j’habitais aux États-Unis, je deviendrais végétarien et que je n’achèterais rien qui ne soit certifié biologique. Mieux : je ne mangerais rien que je n’aurais cultivé moi-même. Je n’en dis pas plus : lisez le bouquin, il le mérite.

Tout cela, les problèmes des cultivateurs et des éleveurs, les agissements des abattoirs, tout cela, selon l’auteur, est lié à l’avènement des chaînes des restauration rapide, à leur expansion mondiale et, malheureusement, à l’expansion du ventre occidental, ce ventre qui est maintenant la seconde cause de mortalité aux États-Unis. Comment s’en surprendre quand on apprend que, tous les jours, le quart de la population américaine entre dans un McDonald’s ? Le quart ! N’est-ce pas abominable ?

Je ne veux pas en dire plus long, car je ne voudrais pas gâcher le plaisir de ceux qui voudront lire ce livre, mais je vous préviens : si vous êtes un fan de fast-food, cela risque de changer vos habitudes alimentaires.